Entreprendre : 8 tendances pour créer en 2023

La sécurité, le bien-être, l’accomplissement de soi… Avec les crises sanitaire, géopolitique et énergétique, retour aux grands fondamentaux ! Voici 8 tendances de fond sur lesquelles investir pour entreprendre en 2023.

#1. S’adapter aux changements climatiques

Le dérèglement climatique touche aussi nos vies. Sécheresses, canicules, tempêtes, inondations , crues ou submersions se concrétisent sous nos yeux à un rythme soutenu. « L’amplitude des risques futurs dépendra du niveau de réchauffement, de la montée des mers et des actions engagées (gestion de risque, adaptation) », écrit la climatologue Valérie Masson-Delmotte dans le livre qu’elle a coécrit, « Parlons climat » (éditions La Documentation Française, juin 2022). Les start-up en capacité d’innovation sont attendues dans cette urgence à l’adaptation.

« Pour faire face aux vagues de chaleur, la rénovation thermique des bâtiments doit prendre en compte le confort d’été, grâce notamment à une climatisation naturelle. La renaturation des villes avec des espèces d’arbres peu consommatrices d’eau ou la végétalisation des bâtiments sont aussi des axes de travail porteurs », estime la journaliste Juliette Nouel, créatrice des ateliers de l’adaptation au changement climatique.

De la cartographie des secteurs à risque à la création de zones d’expansion des crues, d’une agriculture mieux adaptée aux conditions climatiques à la transformation du tourisme de montagne ou à une meilleure détection météorologique des évènements extrêmes… Autant d’opportunités pour développer des business porteurs de sens pour la planète. Mais l’enjeu réside aussi dans l’atténuation de l’ampleur du changement climatique. Cela passe par la reforestation, le recours aux énergies vertes dans l’industrie, la mobilité, une meilleure efficacité énergétique ou la réduction des sources de gaz à effet de serre… La liste est longue tant le défi est critique !

Exemples de start-up sur cette tendance :

Beeldi , gestion technique des bâtiments; EcoTree , investissement dans la sylviculture; FlowStop, dispositifs gonflables pour contenir la montée des eaux; Midnight Trains, trains de nuit sur des lignes internationales; Oxand, réduction de la consommation énergétique du patrimoine des collectivités; Stonal , numérisation des bâtiments; Synerprod, production et gestion de chaleur et d’énergie pour logements individuels; PowerOfMoss , végétalisation des toits; Materrup , ciment bas carbone.

#2. Le virtuel au service de la réalité

La crise du Covid-19 a bouleversé nos usages déjà importants du numérique. Parce qu’il a rapidement fallu trouver des alternatives avec les contraintes sanitaires des confinements. Parmi ces nouveaux usages, l’intégration de nouveaux outils basés sur la réalité virtuelle (VR) et la réalité augmentée (AR). « Nous allons vivre de plus en plus avec nos téléphones mobiles et des applications de réalité augmentée ou avec des casques et des lunettes qui vont permettre de voir d’autres choses », déclarait l’expert de la transition digitale, Alexandre Michelin, à l’occasion du Knowledge Immersive Forum (KIF) qu’il organisait en septembre 2021.

Les domaines de la formation, du médical, de la culture, de la maintenance industrielle, du loisir et même de l’organisation du travail sont concernés. Encore balbutiant, le métavers s’impose comme une accentuation de cette tendance, et ouvre de nouvelles perspectives attractives pour les start-ups de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée. D’après une étude d’Ernst and Young pour le KIF, il pourrait peser dans les 1.500 milliards d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2030.

Exemples d’entreprises sur ce créneau :
Workadventure, bureaux virtuels et métavers; Spinali Design , maillots de bain connectés au métavers; Lumeen , réalité virtuelle pour réduire l’anxiété des seniors; HypnoVR , hypnose par réalité virtuelle pour diminuer la douleur et le stress; Simango , formation des professionnels de la santé via la réalité virtuelle; AskMona , chatbot culturel; Lucid Realities, contenus immersifs et expériences interactives en réalité virtuelle; Noovae, maquettes numériques et solutions immersives pour l’architecture et le patrimoine; VRrOOm, événements immersifs dans le métavers; Holowind, aide holographique pour chirurgiens.

#3. La chasse au gaspillage

Depuis plusieurs années, des start-up se dament le pion pour remporter la bataille contre le gaspillage alimentaire . Elles ne sont désormais plus les seules à lutter contre l’accumulation sans fin des déchets et à militer pour une économie plus circulaire . Energie, prêt-à-porter, ameublement, tech, compost… La chasse au gaspillage s’étend désormais à tous les secteurs, confortée par une réglementation de plus en plus incitative.

Le double objectif de ces jeunes pousses anti-gaspillage : réduire les déchets et proposer des produits et services à l’impact environnemental le plus faible possible, en préférant le réemploi de matières, plutôt que de finir à la poubelle. Quitte à bouleverser totalement les pratiques en vigueur jusqu’à présent dans leurs industries respectives pour redonner du sens à la célèbre déclaration de Lavoisier « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Et il y a urgence à emprunter cette voie : « Rendre circulaires l’ensemble des secteurs d’activité permet de s’attaquer à 45 % des émissions globales de gaz à effet de serre, soit près de la moitié du combat pour atteindre collectivement la neutralité carbone, et de consommer les ressources planétaires au moins à leur rythme de renouvellement », rappelait un collectif dans une tribune du Monde .

Exemples sur ce créneau :

Estampille, chaussettes et collants fabriqués à partir de matières recyclées; Eco-Tech Ceram , récupération et valorisation de la chaleur thermique des industries; Gaz de Ferme , valorisation des coproduits issus de la méthanisation agricole et de la fermentation alcoolique; Earthwake , transformation des déchets plastiques en carburant; Amphitrite, optimisation et décarbonation des trajets maritimes; Mecaware , récupération des métaux stratégiques et terres rares des produits technologiques en fin de vie; Carester , récupération des terres rares d’aimants permanents; Sans les Plumes : chaussons fabriqués à partir de tissus de sièges des transports; Fairmat : recyclage des matériaux composites de fibre de carbone; Ceercle, composteur de balcon; Rosi Solar , recyclage du silicium des panneaux solaires.

#4. Repenser le contrat social de l’entreprise

Démotivation , lassitude, « quiet quitting », recherche de sens dans son travail, d’un meilleur partage de la valeur, préférence pour le télétravail… Sur fond de crises, sanitaire, écologique ou de pouvoir d’achat, le rapport au travail en entreprise est bouleversé. Une enquête de la Fondation Jean Jaurès et de l’Ifop de novembre 2022 fait figurer un record des taux de démissions en France, portées à 520.000 par trimestre entre fin 2021 et début 2022. « En 1990, 60 % des sondés disaient que le travail était ‘très important’ dans leur vie. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 24 % à faire cette réponse », constatent Jérôme Fourquet et Jérémie Peltier, rédacteurs de l’enquête.

Pour conserver à l’entreprise toute son attractivité, les directions des ressources humaines s’activent en tous sens car la question de la fidélisation des talents devient centrale. Veiller à la sécurité psychologique des collaborateurs , à leur bien-être, à l’équité dans les rémunérations, pratiquer un management bienveillant et inclusif, laisser aux salariés une flexibilité dans le choix de leur mode de travail, donner de la reconnaissance, développer la marque employeur… Les entreprises cherchent des solutions pour prendre soin de leurs collaborateurs.

Exemples de jeunes pousses sur ce créneau :

Figures , plateforme d’aide à la stratégie salariale; Lumm, solution dédiée au bien-être mental en entreprise; Moka.care , accompagnement des entreprises dans la préservation de la santé mentale des salariés; Supermood , plateforme de mesure de l’engagement des collaborateurs; Sweevana, avantages aux employés sur des services; Teale, plateforme de santé mentale pour les collaborateurs; The Oasis House, maisons de campagne dédiées à des séminaires d’entreprises; Tricky, prévention grâce à des serious games santé.

#5. La sécurité avant tout

Dans la vie réelle ou sur internet, la sécurité reste un sujet de préoccupation de taille qui nourrit l’esprit d’innovation de nombreux projets entrepreneuriaux. Il faut dire qu’il y a de quoi faire, ne serait-ce qu’en matière de cybersécurité , avec des attaques en hausse de 37 % entre 2020 et 2021 et un marché annoncé à 4,2 milliards d’euros en France d’ici 2025, d’après les estimations de Markess by Exaegis.

Mais la question n’est pas seulement d’ordre privé. Elle devient un enjeu d’indépendance nationale, aussi bien en matière d’ armement que de cybersécurité ou d’ aérospatial . « Que l’on soit en guerre – avec les drones – ou en paix – avec les réseaux sociaux, la 5G et les monnaies digitales -, le numérique est devenu un enjeu de souveraineté. […] Aider à la création de géants du numérique est donc l’enjeu majeur d’un Etat qui souhaite préserver sa souveraineté », écrit Pierre-Alexis de Vauplane, associé chez Ring Capital, dans son livre « Demain la souveraineté » (éditions Hermann, septembre 2022). La France en a d’ailleurs pris la mesure. Elle entend par exemple consacrer 1,5 milliard d’euros au volet spatial dans son programme France 2030, et a annoncé la création d’« un bouclier cyber » de 30 millions d’euros d’aides pour les PME-ETI.

Quelques start-up sur ce créneau :

Latitude, micro-lanceur de nanosatellites; Citalid , quantification financière des risques cyber; Murena , système d’exploitation pour smartphones garanti sans surveillance; Sharelock , cadenas connectés et sécurisés pour vélos; MyEli, bijou connecté anti-agression; Dust Mobile, opérateur mobile de la cybersécurité; CerbAir : lutte anti-drone malveillants; Diodon Drone Technology , mini-drones aériens pour environnements maritimes et côtiers; Internest , système de guidage à l’atterrissage pour drones militaires et hélicoptères; Miratlas, monitoring en temps réel des perturbations atmosphériques pour satellites; Xinetis, voile solaire aérodynamique pour désorbiter les petits satellites en fin de vie; Interstellar Labs , biodômes pour de l’agriculture extra-terrestre; Cailabs, communication laser.

#6. Vivre ensemble

Deux années de restrictions sanitaires et de confinements à répétition ont mis à mal le moral des Français. Et ce n’est pas la crise énergétique, l’inflation et le contexte géopolitique qui devraient arranger les choses. Dans cette morosité ambiante, le besoin de se retrouver autour de moments conviviaux pour échapper au quotidien se fait pressant.

« L’être humain ne peut pas se contenter d’être dans quelque chose de répétitif. Les activités festives répondent à notre besoin d’exploration, de découverte », écrit ainsi le psychiatre Nicolas Franck dans son ouvrage « Covid-19 et détresse psychologique », paru en 2020 aux éditions Odile Jacob. Vivre à plusieurs, se divertir, partager des moments d’amusement, réinventer lieux de convivialité… Autant de façons de renouer du lien qui inspirent les porteurs de projet.

Sur ce secteur :

OpenHouse, maisons à partager en coliving avec accès à des parties communes souvent hors budget pour des personnes seules (grand jardin, piscine, etc.); Roof, coliving étudiant; Titi Palacio, restaurant à soirées festives; SnapEvent, location de lieux pour faire la fête; aKaGreen, végétalisation des bureaux pour améliorer le bien-être au travail; Ubiscape , escape games à domicile; Ephemera , restaurants immersifs.

#7. Objectif Pouvoir d’achat

Près de 64 % des Français ont déjà adapté leurs dépenses pour faire face à la hausse des prix, selon un sondage OpinionWay pour Younited (fintech de crédit instantané). Les dépenses de la maison, de loisirs et du quotidien sont les plus réduites. Dans un contexte d’inflation comprise entre 4,2 % et 6,9 % en 2023, selon les projections de la Banque de France, les achats malins et bons plans ont de beaux jours devant eux !

Dans une chronique sur Les Echos, l’économiste Emmanuel Combe souligne le retour en force du low cost . « Les consommateurs se reportent sur les marques distributeurs et les premiers prix. Plus encore, certains se tournent vers les « hard discounter » », écrit-il. Et de citer les progressions des ventes de Lidl, de la gamme Dacia ou des compagnies aériennes low cost, qui représentent jusqu’à 47 % de part de marché du transport aérien européen en 2022.

Pour limiter ses dépenses, l’économie d’usage se substitue aussi de plus en plus à la propriété. Les pratiques d’ abonnement culturel, pour les films, la musique, ou de location de voitures, de vélos, de matériel de sport ou de bricolage, se développent. Pour réduire la facture, les modèles de consommation se transforment.

Quelques jeunes pousses sur ce créneau :

Adopt’Parfums , parfums low cost; Crosshopper , comparateur de prix entre particuliers; Diivii , plateforme de co-abonnement à plusieurs; Hokodo, paiement fractionné; Memorio, plateforme de monuments ou objets funéraires de seconde main; MySofie, pilotage des dépenses de santé en temps réel; Revolution’Air , compagnie aérienne low cost du déplacement d’urgence; VerySki, comparatif de forfaits de ski; Ozzak, places de cinéma à coût réduit; Virgil , co-investissement dans des projets immobiliers de particuliers.

#8. Prendre soin de soi

Corps et âme… Les deux n’ont jamais eu autant besoin d’être dorlotés que depuis la crise sanitaire. Préservation de sa santé physique et mentale, retour à soi ou expression de soi, des tendances fortes. « L’impact du Covid se traduit par une prise de conscience aiguë des moyens de protéger sa santé. Le lien entre l’alimentation, l’activité physique, le sport et la santé est acté », souligne Pascale Hébel, directrice associée de CWays, société de conseil en marketing d’anticipation spécialisée en data sciences.

L’usage du Nutri-Score ou de l’application Yuka accélère encore cette prise en main par chacun d’une meilleure façon de se nourrir. Des produits sains ou bio, une alimentation moins carnée, des compléments alimentaires pour renforcer son système immunitaire, des cosmétiques naturels , bons pour la peau et la planète, répondent aux aspirations des consommateurs.

Le confinement a aussi donné envie de pousser les murs avec le retour en force des cours de danse ou de l’expression corporelle. « Le rapport à soi a changé, avec de nouvelles façons de mieux se porter », indique Pascale Hébel. L’hygiène de vie passe aussi par l’esprit, apaisé par des applications de méditation, de sophrologie ou d’accompagnement psychologique.

Quelques start-up sur cette tendance : Archie , producteur de vinaigre de cidre biologique orienté santé; Biosanos, créateur de snack anti-cholestérol; Bodhea, compléments alimentaires partenaires des transitions de vie; #bonheur, soins pour la peau, bio et écoresponsables; D-Lab, compléments alimentaires; Kyanos, producteur de micro-algues sous forme de compléments alimentaires; La Clayette , produits frais locaux en libre-service à retirer dans des kiosques; MindDay , application d’auto-thérapie; Polskin , marque de soins pour hommes; Dancefloor Paris , studio de danse online et live.

 

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