En direct. Procès Narumi : piratage informatique de Zepeda, échec des recherches du corps, émotion de la famille, revivez la 4e journée

Ce qu’il faut retenir

Après l’interrogatoire incroyablement dense de la veille, le 4e jour du procès était l’occasion de se pencher sur les expertises techniques. Elles semblent accablantes pour Nicolas Zepeda.

Selon la police japonaise et un enquêteur bisontin, l’accusé chilien a bien pris le contrôle des différents comptes informatiques de Narumi, avant et après sa disparition.

La défense de Zepeda, elle, n’a pas manqué de soulever les questions sans réponses que pose l’échec des recherches du corps de la Japonaise.

14 h 30.- Un week-end de respiration, avant de replonger dans le procès

Le procès de Nicolas Zepeda reprendra ce lundi 4 avril à 10 h. Le temps pour les jurés, l’accusé, la famille de Narumi, les avocats et les magistrats de reprendre leur souffle.

La cour d’assises a vécu une première semaine de débats d’une rare intensité. L’enquête de police décortiquée au fil des jours est à la mesure de cette affaire de crime sans corps : hors normes. Nicolas Zepeda a dû affronter un nombre important d’éléments à charge. Sous pression, le Chilien n’a quasiment pas varié de discours et nie toujours toute implication dans la disparition de Narumi Kurosaki, dont les proches témoigneront dans les jours à venir.

La seconde semaine de procès s’annonce pour Nicolas Zepeda tout aussi éprouvante. Et indécise.




Après l’audience, le temps des interviewes. Photo ER/Willy GRAFF

14 h 15.- Un moment « très intense, très douloureux », pour l’avocate de la famille de Narumi, Me Galley

« C‘était un moment inévitable », semble regretter Me Galley à la fin de l’audience, se remémorant les instants où la famille de Narumi a craqué. « Il fallait aborder ces moments [les débats autour de la recherche du corps de Narumi, N.D.L.R.] pour qu’elles entendent tout ce qui a été fait. Ça a été un moment d’une douleur indicible, insoutenable. »

La maman de Narumi, Taeko Kurosaki a serré à plusieurs reprises le portrait de sa fille contre elle. « Je ne pouvais plus échanger avec elles tant la douleur était intense ». Selon l’avocate des parents, la famille n’avait pas anticipé toute cette force des détails. « J’ai voulu les extraire de la salle mais elles ont cette force, cette persévérance de dire “On reste jusqu’au bout” ». La semaine prochaine, la famille sera à son tour interrogée. « Elles attendent ce moment car la colère monte en elles. Elles auront beaucoup de choses à dire. »

Vidéo. La réaction de Me Galley, avocate de la famille Kurosaki


14 h.- « La théorie des évaporés a ses limites », selon Me Randall Schwerdorffer

« Dire “il n’y a pas de corps donc il n’y a pas de crime”, ce n’est pas une ligne de défense. » En sortant de la salle, Me Randall Schwerdorffer critique vertement la défense de Nicolas Zepeda. « Ça n’enlève pas les cris, ça n’enlève pas la disparition totale de Narumi. Après le 4 décembre au soir, plus personne n’a parlé à Narumi en dehors de Nicolas Zepeda. La théorie des évaporés a ses limites », tance l’avocat du petit ami français de Narumi au moment de sa disparition, Arthur del Piccolo.

Me Schwerdorffer pointe la caractère sociable de la jeune fille avant de faire le parallèle avec une autre affaire qui a défrayé la chronique : « Ce n’est pas parce qu’on n’avait pas retrouvé le corps de Maëys qu’elle était vivante ».

Vidéo. Les réactions de Me Schwerdorffer, avocat d’Arthur del Piccolo


13 h 25.- L’audience touche à sa fin, mais…

Pour ce qui concerne le fond de l’affaire, les débats du jour s’achèvent sur cette ultime passe d’armes.

La cour d’assises poursuit néanmoins son œuvre, avec l’étude d’un « incident d’audience », soulevé par les avocats de la défense de Nicolas Zepeda. Un point très juridique.

L’incident concerne la révélation, ce mercredi au procès, de nouvelles images de vidéosurveillance du campus découvertes tardivement par le chef d’enquête de police, qui pourraient bousculer toute la vision de l’affaire. Sur ces images, on voit un homme a priori non identifiable, rôder à l’arrière du bâtiment de l’étudiante les nuits qui précédent sa disparition. Nicolas Zepeda en pleins repérages ? C’est la conviction de l’accusation.
« Il n’est pas question de demander à la cour de ne pas visionner ces éléments, qui sont dans le dossier », rassure d’emblée Me Laffont pour la défense. Mais l’avocate parisienne en fait une question de principe de droit, considérant la manœuvre irrégulière. Un avis que ne partagent ni les parties civiles, ni l’accusation.

Le président Husson tranche : ces images qui font déjà polémique seront visionnées « la semaine prochaine ».



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Me Jacqueline Laffont, avocate de Nicolas Zepeda. Photo ER/Franck Lallemand

13 h 15.- Conjectures sur le transport du corps de Narumi

L’échange entre la défense et le commandant de police se poursuit. « Qu’est ce qui a pu se passer, selon vous ? », l’interroge Me Laffont, « comment Nicolas Zepeda aurait pu transporter seul une valise (celle de Narumi qui a disparu N.D.L.R.), une seconde valise de 18 kilos (celle du Chilien, N.D.L.R.), tout en transportant un corps ? On a du mal à imaginer cette scène, vous semble-t-elle matériellement possible ? »

« Bah oui », réplique Christophe Touris, « quand il s’est passé quelque chose d’aussi malheureux, il n’est pas impossible d’avoir la force de transporter un corps ». Le policier est aussi questionné sur la possible rigidité cadavérique de Narumi, susceptible de compliquer le transport de son corps à la sortie de sa chambre universitaire. Notamment jusqu’à un coffre de voiture. Rien d’impossible, selon l’enquêteur.

13 h 05.- La détresse intense de la mère et la sœur de Narumi

Chaque évocation des recherches du corps de Narumi, durant ce procès, est une souffrance apparente pour sa mère et sa sœur, présentes dans la salle. Leur avocate Me Galley quitte son pupitre pour s’assoir à leurs côtés et les soutenir. Taeko, la maman, serre plus que jamais sa pochette contre sa poitrine. À l’intérieur, une photo de Narumi.

« En avril 2017 (quatre mois après la disparition de l’étudiante, N.D.L.R.), vous vous rendez aussi sur la zone universitaire pour effectuer des recherches. Vous n’excluez pas d’autres hypothèses. Vous cherchez ailleurs », fait observer Me Laffont. Le commandant Borne répond : « C’est vrai, mais on ne recherche pas qu’un corps, mais aussi une valise, un drap… »



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Taeko et Kurumi Kurosaki, le jour de l’ouverture du procès. Archives ER/Willy GRAFF

12 h 55.- La défense s’attarde sur l’échec des recherches du corps

Jusqu’alors silencieuse, la défense prend sa place dans l’arène.

Me Jacqueline Laffont aborde les recherches du corps, listant tous « les moyens terrestres, aériens et aquatiques » mobilisés… « Rien n’a été mis de côté, tout a été fait », résume l’avocate, qui fait admettre au commandant Touris avoir appliqué « un quadrillage sur l’intégralité des zones ». Me Laffont insiste : « Vous n’avez rien trouvé. Deux conclusions possibles, vous êtes passés à côté du corps de Narumi, ou elle n’était pas là ? »

« Est-ce qu’on est passé à côté ? », soupire le commandant de police, « j’ai passé des nuits blanches à me poser la question. Il s’est passé des mois entre la disparition et le moment où on précise la zone de recherches. Pour un corps déposé sur le sol… Il y a des animaux, une nature qui prend ses droits. » L’enquêteur envisage aussi l’immersion du corps. « Il peut couler, se retrouver agrippé dans des branches. Vu la topographie, il y a des endroits où personne ne passe, le corps peut être n’importe où. »

La défense aimerait sans doute que le policier admette que Narumi puisse être en vie. Une attente vaine.



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En décembre 2017, le corps de Narumi est recherché entre Dole et Choisey. Photo Le Progrès/MIchel MARILLY

12 h 30.- Nicolas Zepeda cerné par les preuves informatiques

Le commandant de police Christophe Touris se tient toujours à disposition de la cour. Même après la disparition de Narumi, « les données de son téléphone suivent intégralement les déplacements de Nicolas Zepeda », constate en guise de synthèse l’avocate de la famille Kurosaki, Me Galley.

Face à cette démonstration technique, Me Schwerdorffer résume faussement naïf : « Si on suit cette logique, Narumi serait partie avec lui (Zepeda, N.D.L.R.) au Chili… ». Le commandant Touris complète : « Les vérifications ont été faites, Nicolas Zepeda est rentré tout seul au Chili ».

« La force des éléments factuels est extrêmement probante », estime à son tour l’avocat général Étienne Manteaux en listant à nouveau certaines de ses preuves. Notamment la présence avérée de la voiture et du téléphone de Nicolas Zepeda ce 6 décembre 2016 sur le centre commercial de la Toison d’Or à Dijon, où sont constatés, de manière concomitante, une connexion sur Facebook et un achat suspect attribués à Narumi… Ou plutôt, à une « fausse Narumi » ?

Suivent ces connexions en Espagne, puis ce fuseau horaire chilien, inexplicables sauf à croire que Narumi a accompagné Nicolas Zepeda jusqu’au Chili. Etienne Manteaux enfonce le clou. Encore et encore. L’avocat général avance à visage découvert : il veut convaincre les jurés que Nicolas Zepeda a prêté numériquement vie à une Narumi en réalité déjà tuée, pour mieux couvrir son crime et ses traces.

12 h 10.- « Toute cette enquête, ce n’est pas du hasard »

Il est l’heure de conclure pour le commandant Touris, avant d’éventuelles questions posées par les différentes parties du procès.

« Nous avons travaillé sur un premier suspect, Arthur del Piccolo », assure le policier à la cour d’assises avant de répéter que tout a convergé vers un autre homme. Nicolas Zepeda. « Toute cette enquête, ce n’est pas du hasard. On a déterminé des éléments objectivés et matériels, que je viens de vous présenter, qui déterminent la participative active de Nicolas Zepeda à la disparition de Narumi Kurosaki ».

On a déterminé des éléments objectivés et matériels qui déterminent la participative active de Nicolas Zepeda à la disparition de Narumi Kurosaki.

Commandant Touris

12 h 00.- Prise de contrôle des comptes de Narumi : une succession de preuves accablantes pour Zepeda

Les comptes bancaires de Narumi sont également utilisés pour acheter un VPN, appareil servant à brouiller ses adresses de connexion. Chose curieuse, puisque la Japonaise ne disposait d’aucune connaissance en informatique.

L’enquêteur Christophe Touris a exploité le compte Google de Narumi Kurosaki. Une dernière synchronisation du compte est constatée le 13 décembre 2016. On y retrouve le fuseau horaire de Santiago du Chili. Il y a alors neuf jours que Narumi n’a plus donné signe de vie. Le 13 décembre ? C’est justement le jour où Nicolas Zepeda a atterri chez lui, au Chili.

L’exposé étayé de données précises et horodatées de Christophe Touris est accablant, ne laissant que peu de prises à Nicolas Zepeda. Avec un dernier exemple : ce message Facebook prétendument envoyé par Narumi le 10 décembre 2016 à un ami qui s’inquiétait. « Merci de t’en soucier », est-il écrit depuis le compte de l’étudiante. La connexion est établie depuis l’Espagne. Ce jour-là, Nicolas Zepeda était en Espagne.

11 h 50.- Des localisations accablantes pour Nicolas Zepeda ?

Le commandant de police prend la cour d’assises par la main pour se rendre à Dijon, devant la borne wifi du centre commercial de la Toison d’Or.

Nous sommes le 6 décembre 2016, personne n’a plus revu Narumi depuis deux jours. Une connexion à son compte Facebook est néanmoins notée à 11 h 11, depuis cette Wifi de la Toison d’Or. L’adresse IP correspond à celle utilisée pour acheter, à 10 h 39, un billet de train Besançon-Lyon avec les données bancaires de Narumi. Train dans lequel la Japonaise n’est évidemment jamais montée.

La localisation du téléphone portable de Nicolas Zepeda est analysée… Le Chilien se trouvait lui aussi dans la zone du centre commercial de la Toison d’Or. « Nicolas aurait pu faire cet achat et cette connexion sur Facebook », conclut froidement le policier, en ajoutant que la même vérification a été réalisée pour Arthur del Piccolo, premier suspect de l’enquête. « Son téléphone bornait à Besançon ».

Autre élément troublant quelques jours plus tard. Nicolas Zepeda est en escale chez son cousin, en Espagne, sur le chemin du retour au Chili. En même temps, nouvelle connexion sur le compte Facebook de Narumi. Depuis l’Espagne.



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Le centre commercial Toison d’Or à Dijon. Photo LBP/Amandine ROBERT

11 h 35.- Retour sur les fameux « arrêts » suspects de Zepeda en forêt

Cartes et plans à l’appui, proposés aux jurés sur l’écran géant, le commandant Touris se faufile à présent dans les roues du véhicule loué par Nicolas Zepeda lors de son séjour en France. Le tracker permet de suivre minute par minute, l’activité de cette voiture. Des données recoupées avec la géolocalisation du téléphone du Chilien.

Le 1er décembre 2016, soit quelques jours avant la disparition de Narumi, il est établi que Zepeda s’arrête vers 16 h 30 dans cet étrange secteur reculé et boisé, au sud de Dole. Nous sommes en hiver. Il fait alors nuit. « Il est resté deux heures sur ce secteur-là », résume le policier.

Le 6 décembre alors qu’il quitte le campus de Narumi vers 4 h 30, Nicolas Zepeda s’attarde également « deux heures » dans cette même zone étrange et dépeuplée… Zone où le cadavre de l’étudiante japonaise a été recherché si intensément, en vain.

Nicolas Zepeda et ses avocats. Photos ER/ F. LALLEMAND

11 h 20.- Le téléphone de Narumi définitivement éteint le 5 décembre 2016 au soir

L’enquête menée sur les traces de Narumi Kurosaki, et avec elle de Nicolas Zepeda, a souffert d’un écueil majeur : celui de démarrer avec dix jours de retard sur les faits. Un temps que les policiers bisontins ont tenté de rattraper, en tout cas virtuellement, en exploitant une masse colossale de « data » – comprenez de données techniques.

Le commandant Christophe Touris décrit la méthodologie utilisée pour exploiter la puce intégrée à la voiture de location de Nicolas Zepeda d’une part, et sa puce de téléphone d’autre part. Afin de reconstituer son itinéraire.

De nouveaux tableaux Excel s’affichent sur l’écran. L’enquêteur retrace avec méticulosité l’activité du téléphone de Narumi, qui s’éteint définitivement ce 5 décembre 2016, à 21 h 32. À cet instant précis, Nicolas Zepeda admet être en compagnie de Narumi dans sa chambre. Le petit ami officiel de Narumi, Arthur del Piccolo, se trouve alors à quelques centimètres du duo, seulement séparés par la porte close de la chambre.

Inquiet voire désespéré, Arthur del Piccolo tentait déjà de retrouver sa compagne… Était-elle là, vivante, se cachant volontairement derrière la porte de son studio comme le prétend Zepeda ? Ou déjà morte ?

10 h 55.- Le scénario « d’un espionnage » informatique

Le commandant Touris aborde le versant informatique des investigations avec ce fameux rapport de la police du Japon, revenu dans les mains de la Justice française en 2018. C’est l’hypothèse de la « traque informatique ».

Ont été relevées 57 connexions de Nicolas Zepeda sur la session universitaire de Narumi à Tsukuba, entre avril et octobre 2016. Les enquêteurs nippons, décrypte le policier bisontin, « ont déterminé que Nicolas Zepeda avait lu et traduit plus de 150 discussions personnelles de Narumi, en utilisant son compte et son mot de passe ».

Un tableau Excel complexe est projeté dans la salle d’audience. Le document liste l’ensemble de ses connexions « volontaires », insiste Christophe Touris.

C’est un acte délibéré d’intrusion, alors que Narumi était déjà ici en France.

Pour le policier, il s’agit « d’un espionnage du compte de Narumi ».

Les discussions de la cour d’assises se poursuivent sur cette piste d’un possible piratage. A son arrivée en France, Narumi se serait plaint d’un « piratage de son compte Facebook », rappelle le président Husson. A des dates qui pourraient correspondre, complète le policier.

Facebook est décidément au cœur de tensions entre Narumi et Nicolas, puisqu’en septembre 2016, le Chilien exigeait de sa petite-amie qu’elle supprime des garçons de son compte.
« Le mot de passe n’était pas compliqué à retenir », ajoute le président d’audience. ‘’Naru 723’’. « C’était le même pour tous ses comptes et appareils », glisse l’enquêteur.



Matthieu Husson président de la cour d'assises. Photo ER/ F. Lallemand

Matthieu Husson président de la cour d’assises. Photo ER/ F. Lallemand

Le président Matthieu Husson apporte un éclairage.

« Monsieur Zepeda indique qu’à l’époque, il n’avait pas de connexion internet et que pour dépanner, Narumi lui aurait donné ses identifiants ». Le Chilien affirme donc que les mots de passe étaient préenregistrés et que ses appareils se connectaient en réalité automatiquement.

Un détail vient mettre à mal ces déclarations. Le 12 septembre, des saisies de mots de passe « incorrects » sont constatées. Ce qui impliquerait plutôt une saisie manuelle.

10 h 30.- Un enquêteur de PJ revient sur les recherches du corps

La parole revient à la PJ de Besançon. Mercredi face à la cour, le brigadier-chef David Borne avait déjà longuement détaillé les innombrables investigations menées durant cinq ans, sur trois continents. Son exposé exhaustif avait démontré à quel point l’ensemble des éléments convergeaient vers « une seule piste », Nicolas Zepeda.

C’est désormais le commandant Christophe Touris qui s’avance à la barre. Lui aussi enquêteur. Lui aussi, reprend en version accélérée le cheminement des investigations ciblant Nicolas Zepeda, dès décembre 2016, notamment sur le versant technique.
Le commandant Touris détaille la première phase de recherche du corps de Narumi au sud de Dole. Là où bornait le tracker du véhicule de location de Nicolas Zepeda. Des recherches au sol qui n’ont rien donné.

Grâce à l’appui d’un hélicoptère, « on a aussi recherché des points chauds vus des airs, mais ces investigations sont restés vaines ».

On a aussi filtré 800 tonnes de mâchefers – des déchets ménagers – dans une machine spéciale pour essayer de retrouver des ossements humains.

Toujours en vain.

Un an plus tard, une zone de battue redéfinie sur 50 km²

Les recherches du corps de Narumi ont repris en novembre 2017, soit un an après la disparition de Narumi, nous apprend le commandant Touris.

A cette époque, un retour de données de téléphonie appartenant à Nicolas Zepeda relance l’espoir de retrouver un cadavre. « On a redéfini une zone de recherche plus précise entre Parcey et Dole », explique le policier.

Un plan s’affiche sur l’écran géant. Une sorte d’hexagone de 50 km² matérialisant cette nouvelle zone de recherche englobe le sud de Dole, la Loue, l’extrémité est de la forêt de Chaux…

« Nous avons sondé l’intégralité des berges du Doubs avec un bateau-sonar jusqu’au barrage de Choisey. Des vérifications ont été faites avec des plongeurs », y compris au niveau « d’une station d’épuration ».

L’officier détaille de nouvelles battues physiques, avec le renfort de chiens, en suivant toujours cette piste des relais téléphoniques, déclenchés un an plus tôt par la voiture de Nicolas Zepeda.



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Les enquêteurs Christophe Touris (à gauche) et David Borne (à droite)

9 h 50.- Narumi reprend vie en photos, sous les yeux des jurés

Me Sylvie Galley intervient pour changer le programme de l’audience. L’avocate de la famille Kurosaki aimerait que les jurés populaires, après ces premiers jours si intenses, puissent visualiser quelques photos de Narumi.

Moment d’apesanteur… L’étudiante japonaise reprend vie sous nos yeux. De premières images montrent Narumi bébé, et déjà souriante, avec un ballon multicolore puis dans une piscine, avec ses brassard.

La trop courte vie de Narumi défile, une séquence très émouvante. La voilà adolescente, avec ses sœurs qui lui ressemblent comme deux gouttes d’eau. On aperçoit également sa maman Taeko sur une image. Des années plus tard, depuis cette froide salle d’assise, cette mère en souffrance absolue se regarde à l’écran. Cruel effet miroir. Les larmes lui viennent, qu’elle essuie pudiquement avec un mouchoir.

Les photos se poursuivent. Narumi apparaît désormais en jeune femme. Vêtue d’un habit traditionnel vert et fleurie, la Japonaise pose tout sourire. Elle est tout simplement resplendissante…

L’audience est suspendue.

Quelques images de Narumi

9 h 20.- Une visio… pour rien

Après l’interrogatoire incroyablement dense de la veille, Nicolas Zepeda a un peu de répit. Assis derrière ses avocates, vêtu d’une chemise bleue, l’accusé écoute placidement les débats de la matinée, jusqu’alors très techniques et légèrement décousus. La traduction des propos est chronophage : certaines phrases plutôt courtes en français, deviennent très longues à traduire en japonais…

Un troisième homme en costume-cravate apparaît à l’écran, toujours depuis le Japon. Il se présente comme agent de police… On comprend que son témoignage n’a que peu d’intérêt, dans la mesure où cet agent n’a pas directement mené les investigations informatiques autour de Nicolas Zepeda.

 

8 h 40.- Quelqu’un se faisant passer pour Narumi sur le wifi de l’université de Tsukuba…

À 10.000 kilomètres de là, Takeshi Manaka prend place devant la caméra. Ce directeur technique explique avoir été missionné par la police pour faire des recherches sur l’historique d’utilisation du compte de Narumi par le réseau internet Wifi de l’université de Tsukuba, où était scolarisée la Japonaise.

Des utilisations « ultérieures à son départ (pour la France) » ont été constatées, révèle Takeshi Manaka. Ces accès réalisés au sein de l’enceinte du campus japonais n’ont « pas laissé de trace » quant à l’appareil utilisé. « On ne peut pas parfaitement identifier l’adresse IP utilisée », regrette le technicien, mais « nous avons pu détecter un fournisseur d’accès espagnol ».

Selon la police japonaise, indique par ailleurs le président d’assises, il y aurait eu – entre avril et octobre 2016 – 57 accès frauduleux d’appareils désignés comme appartenant à Nicolas Zepeda, au compte Facebook de Narumi. Takeshi Manaka indique qu’il n’est pas à l’origine de cette découverte.



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Le profil Facebook de Narumi. Capture d’écran

8 h 20.- Des connexions « illicites » de Zepeda

Le Professeur Keisuke Kameyama, de l’université de Tsukuba, livre un exposé détaillé et très technique sur de multiples connexions du Chilien au réseau informatique de l’université. Et ce, notamment, alors que Narumi était déjà partie en France.

Le président Matthieu Husson résume : « Monsieur Zepeda s’est connecté avec des appareils comportant son nom, et il s’agissait de connexions illicites au réseau de l’université ».



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L’université de Tsukuba, au nord-est de Tokyo. Photo DR

8 h 05.- Arrivée tardive et sous la neige de l’accusé

Sous de fortes précipitations de neige, le convoi de Nicolas Zepeda est sorti plus tard que prévu de la maison d’arrêt de Besançon. L’audience débute avec un léger retard.

L’accusé aura eu une nuit entière, en cellule, pour tenter de récupérer émotionnellement. Soumis la veille à un feu roulant de questions par le président, les avocats de parties civiles et l’avocat général, Zepeda a vacillé à plusieurs reprises dans son box, éprouvé par ces échanges souvent tendus. Ce procès prend de plus en plus l’allure d’un rouleau compresseur, qui avance sur le Chilien.

Cette journée de jeudi débute par de nouvelles visioconférences organisées depuis le Japon. Premier enjeu de la matinée : les exploitations informatiques côté japonais. Et la possible « surveillance » exercée par Nicolas Zepeda, à distance, alors que lui se trouvait au Japon, sur la vie française de Narumi.



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Il neige à gros flocons à Besançon. Photo ER/Willy GRAFF

Le programme de cette quatrième journée de procès

Le matin seront d’abord entendus des témoins japonais par visioconférence, puis Christophe Touris, le policier en charge de l’enquête avec David Borne, qui fut l’auteur d’une déposition précise et remarquée lors du deuxième jour du procès.

Contrairement à ce qui était envisagé, la cour d’assises ne visionnera pas ce vendredi après-midi les fameuses vidéos de vidéosurveillance, dont l’existence a été révélée ce mercredi par le directeur d’enquête, qui montre un homme au visage dissimulé rôder derrière le bâtiment de Narumi de nuit. Les jurés semblent trop fatigués, estime-t-on. Ces vidéos potentiellement décisives, seront visionnées la semaine prochaine.

8 h.- Le résumé de la troisième journée du procès

Nicolas Zepeda a longuement été interrogé. Il a maintenu sa version et nié être l’auteur des messages envoyés par Narumi après sa disparition. Interrogé par Me Schwerdorffer sur les « 30 heures formidables » passées avec Narumi selon l’accusé, et le fait qu’elles n’aient été suivies d’aucun message ou appel des deux côtés, Nicolas Zepeda a fondu en larmes.

Il a ensuite admis que sa venue à Besançon était moins motivée par le but de visiter des universités, que par « l’envie, l’espoir de rencontrer » Narumi, même s’il n’assumait pas forcément cette idée à la base.

Moment attendu du procès, la cour d’assises a abordé la vidéo publiée par Nicolas Zepeda sur Dailymotion, dans laquelle il déclare que Narumi « doit payer un peu ce qu’elle a fait ». « C’est juste un témoignage pour moi-même », « un journal intime », s’est-il défendu, tout en reconnaissant avoir ensuite envoyé la vidéo à Narumi.

La jalousie et l’emprise de Nicolas Zepeda ont été au cœur des débats, le Chilien cherchant par exemple à obliger Narumi à supprimer les garçons de son compte Facebook, lui demandant aussi « de se comporter comme une meilleure fille », en listant « cinq conditions ».

7 h 45.- Le rappel de l’affaire

Plus de cinq ans après la disparition de Narumi Kurosaki, le procès de Nicolas Zepeda s’ouvre enfin à Besançon. L’ex-petit ami de l’étudiante japonaise est accusé d’assassinat, un crime qu’il nie farouchement. Malgré d’intenses recherches, le corps de Narumi reste introuvable, mais la police a accumulé plusieurs éléments troublants au sujet du Chilien.

Face à la cour d’assises du Doubs, le bras de fer entre accusation et défense s’annonce tendu. En cas de condamnation, Nicolas Zepeda encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

L’Est Républicain se propose, durant ces deux semaines d’audience, de vous faire vivre en direct ce procès hors normes.

Vidéo. Tout savoir sur l’affaire Narumi.




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